Dans la série de diptyques Summertime I & II, Anna Snijder articule une forme hautement énergétique d’abstraction gestuelle. Les œuvres sont profondément enracinées dans l’Art Informel et l’expressionnisme abstrait, Snijder utilisant la toile comme un champ d’action immédiat. Ici, elle brise la frontière entre couleur et lumière : les bandes de couleur empâtées, souvent verticales, témoignent d’un processus de peinture physique et impulsif, où la structure de l’image ne naît qu’au moment de l’application de la couleur.
L’œuvre captive par un équilibre tendu entre des explosions de couleurs extatiques et des repeints apaisants. Des accents néon lumineux en rose, jaune et turquoise brillent comme des impulsions énergétiques à travers de généreuses couches de blanc et de gris clair. Un vernis final conserve cette intensité si parfaitement que l’œuvre semble en permanence « fraîche ».
Le titre Summertime se révèle ici dans un jeu radical avec la perception : le rose néon et le jaune citron fonctionnent comme des ondes de choc chromatiques représentant la vitalité agressive et la chaleur étouffante de l’été. Ces impulsions sont « masquées » par des repeints blancs, ce qui crée l’effet d’une surexposition aveuglante. C’est la visualisation de ce moment au cœur de l’été où la lumière devient si vive que la réalité commence à vaciller et que les formes solides se dissolvent en pures vibrations.